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Quels conseils généraux utilisent un CMS open source ?

Votre département utilise-t-il un logiciel libre de gestion de contenus ? Quels sont les CMS les plus utilisés par les conseils généraux ? Quelles sociétés trustent les marchés de refonte de site web ?

Face à la contrainte budgétaire de plus en plus forte dans les collectivités locales, la voie de l’open source reste une alternative intéressante devant les solutions propriétaires. Son potentiel d’utilisation est d’autant plus fort dans les collectivités qu’elles ne sont pas en concurrence. Tout pousserait donc à une mutualisation des développements dans un esprit d’évolutivité et de réutilisation.

Partant de ce constat là, plusieurs initiatives se sont lancées pour créer des CMS libres et évolutifs :

  • en 2002, le Service d’Information du Gouvernement avait créé le CMS Agora Spip pour ses propres besoins avec un certain Benoît Thieulin à la tête du département Multimédia. Malheureusement, ce CMS n’est plus maintenu depuis 2008.
  • En 2002 également, le Conseil général du Val d’Oise débuta le projet WebCT95 (renommé CapInfo depuis). Face à la concurrence et aux avancées technologiques, il s’avère que le produit est aujourd’hui trop limitant pour répondre aux ambitions des directions de la communication.

Qu’en est-il alors de l’utilisation des CMS open source en France ? Prenons le cas des Conseils généraux et de leurs sites web institutionnels.

Les couleurs représentent l’utilisation ou non d’un CMS open source (vert pour un CMS open source, rouge pour un CMS propriétaire, blanc lorsque je n’ai pas l’info). Délimitations géographiques (source) / Données (Fusion Table)  / Une erreur, un ajout ?

On constate que sur 85 sites analysés, près de 80% des conseils généraux utilisent une solution open source. Ne vous y méprenez pas, cela ne veut pas dire que ces institutions reversent pour autant leurs développements au sein d’une communauté. Cela ne veut pas non plus dire qu’elles prônent l’open source. Intéressons-nous alors aux CMS utilisés pour savoir si le terrain serait propice à des mutualisations.

On constate que la solution la plus courante est Typo3, utilisé dans pas moins de 16 conseils généraux.  En seconde position, vient CMS.Eolas édité par la société Eolas. Il est utilisé dans 9 conseils départementaux. Au total, ce sont plus de 27 CMS différents qui sont utilisés. Au-delà de l’outil, peut-être faudrait-il chercher des sociétés qui réalisent un grand nombre de sites de collectivités, afin de partager des développements déjà réalisés.

Si on se limite aux développements de sites de CG, on constate qu’Eolas est la société qui a développé le plus grand nombre de sites actifs. Elle a réalisé plus de 15% des 78 sites dont j’ai pu récupérer le nom du prestataire, dont 9 avec son propre CMS. Ils disposent ainsi de 12 sites à leur actif dans le secteur des CG. A noter que le développement interne du site reste une voie attractive, choisie par 8 départements. Au-delà de ces deux enseignements, l’émiettement se fait très vite ressentir…

Après cette vision d’ensemble, il serait utopiste de prévoir que l’ensemble des CG construisent un CMS en commun. D’autant plus qu’ils ne disposent pas de besoins si spécifiques à leur organisation, et pourraient profiter d’une solution déjà répandue et dont la communauté est active. Une question me taraude pourtant toujours autant… pourquoi ne partagent-ils pas plus leurs développements réalisés ? Pourquoi les syndicats mixtes ne s’emparent pas de la question ?

NB : l’analyse ne concerne que le site web principal de l’institution, limité aux départements de France métropolitaine.

[MAJ de l'article le 13/05/13 : le SIG a créé Agora-Spip et non l'ADAE]

[MAJ de la carte le 07/01/14 : pour le CG32, le CG83, le CG59]

Image à la une de ALYCE SANTORO (cc by-nc-nd 2.0).

 

4 réflexions au sujet de « Quels conseils généraux utilisent un CMS open source ? »

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  2. Bruno Séguier

    Votre article est intéressant, mais je ne suis pas sûr de bien comprendre votre questionnement. Pourquoi voudriez-vous à tout prix que les CG adoptent une seule et même solution technique ? Quel en serait l’intérêt ? La collectivité départementale développe sa propre communication selon les axes de la politique qu’elle se fixe. Chaque Département, contrairement à ce que vous semblez indiquer, a ses propres spécificités, même si les missions sont les mêmes. Dans cet esprit, le CG a la nécessité de bâtir ses outils de communication numérique de façon parfaitement adaptée aux objectifs qu’elle leur fixe. Et puis, vous oubliez sans doute que la réalisation d’un site internet passe obligatoirement par un appel d’offre qui permet de comparer des outils qui n’évoluent pas à la même vitesse et de donner à chacun des prestataires candidats une vraie chance de convaincre, par la rigueur et les compétences qui seront mises en œuvre pour la prestation mais aussi par le choix d’un CMS plus ou moins bien approprié aux attentes, notamment fonctionnelles. Heureusement qu’il n’y a pas qu’un seul CMS ! Quelle tristesse et quelle uniformité ce serait dans le paysage de la communication numérique territoriale !

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    1. c_farrugia Auteur de l’article

      Bonjour M. Séguier. Mon questionnement de départ était d’avoir une photographie à l’instant T pour savoir s’il était envisageable de développer des mutualisations.

      J’entends par mutualisations : celles d’ordre techniques (via un CMS ouvert, ou via des développements déjà réalisés) ; celles d’ordre humaines (via des expertises web internes partageables, ou l’appui sur des sociétés ayant gagné un grand nombre de marchés) ; et celles organisationnelles (via des regroupements d’institutions sur le territoire par exemple).

      Tendre vers un CMS commun est une voie qui répondrait à cette problématique mais beaucoup trop extrême, risquée, et innovicide. En revanche tendre vers plusieurs socles communs et partageables serait à mon avis une voie pertinente. Certains Conseils généraux se dirigent d’ailleurs dans cette voie, pour proposer la réalisation de sites aux mairies de leurs cantons. Pourquoi ne verrions-nous pas la même chose une strate plus haut ?

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  3. Laurent Espitallier

    En ce qui concerne la mutualisation des développements pour les collectivités locales comme les Conseil généraux il existe au moins une association qui s’est fixé cet objectif : l’ADULLACT.

    Hélas j’ai l’impression que les départements n’y font pas suffisamment appel, ce qui est regrettable. Certes avoir un seul socle technique pour tous les départements serait triste et dangereusement proche de la monoculture informatique, néanmoins d’un autre côté cela cause forcément des gaspillages d’argent public et ne permet guère d’avancer puisqu’on réinvente systématiquement la roue.

    Quant aux besoins spécifiques à chaque département, c’est bien parce que le site web comme d’autres médias sont bien souvent avant tout l’instrument des hommes politiques, loin des comptes que devraient rendre aux usagers de telles institutions.

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