Le cheminement de pensée du réutilisateur #opendata

J’ai toujours été fasciné par les quartiers d’ambassade… Ceux qui ont déjà visité des capitales savent combien ces institutions ne sont jamais éloignées les unes des autres. Elles se positionnent souvent dans des quartiers stratégiques, proches du pouvoir. J’ai donc voulu en savoir un peu plus sur leur positionnement géographique en France. Mal m’en a pris, cette quête d’informations m’a ramené dans un cheminement de pensée que beaucoup de réutilisateurs de données rencontrent.

Étape 1 : espérer que la donnée a été ouverte par les services de l’institution

Le Ministère des Affaires Étrangères (MAE) est un producteur de données sur data.gouv.fr (le portail Open Data français). Naïf comme je suis, je me suis donc empressé d’aller voir ce que cela donnait. Résultat : aucune donnée ouverte sur le positionnement géographique des ambassades étrangères.

Étape 2 : se rendre compte que la donnée existe, mais n’est pas exploitable

Un petit tour sur le web et voilà que je m’aperçois que le MAE dispose de cartes renseignant notre présence à l’extérieur du territoire français. Malheureusement, je n’en trouve aucune permettant une introspective, qui géolocaliserait la présence étrangère à l’intérieur de la France. Mon abnégation sous le bras, je repars sur le ouaib et finis par trouver un fichier PDF listant les adresses complètes des ambassades sur le site d’un des services du MAE, la Maison des Français de l’étranger (Fichier : Ambassades et consulats étrangers en France).

Étape 3 : accepter de faire le boulot

Le fichier PDF maintenant disponible, il faut exporter les données pour pouvoir :

  • les manipuler dans un excel ;
  • les géocoder pour transformer l’adresse (postale) en une position sur une carte (longitude, latitude). Pour de petits volumes j’utilise BatchGeocodeur – aucune connaissance informatique nécessaire ;
  • les importer dans une carte. Pour tester OpenStreetMap, j’ai utilisé l’application en ligne Umap – aucune connaissance informatique nécessaire.

Étape 4 : se dire que l’on a fait avancer le schmilblick

On se dit qu’au final on a ouvert une donnée publique supplémentaire. On ne peut pas présager de l’utilisation qui en sera faite… mais au moins on a appris pleins de choses et on se dit que l’on a fait avancer le schmilblick !

Affichage de la carte en plein écran

Image à la une de Percy (cc by-nc-nd 2.0).

Publié par

c_farrugia

Passionné par tout ce qu'Internet peut apporter aux institutions publiques et citoyens. Consultant secteur public chez @LeckoFR.

6 réflexions au sujet de « Le cheminement de pensée du réutilisateur #opendata »

  1. Hello !

    Démarche et résultat très intéressants, comme à chaque fois, mais il me semble malgré tout avoir repéré des ambassades étranges rue Eblé et à St Cloud… non ? 😉

    Au plaisir de te lire !

    1. Merci Yann pour ton retour. Tu as tout à fait raison, certains pays ont même choisi de ne pas avoir d’ambassade en France. Si tu dézoomes, tu trouveras des ambassades en résidence à Bruxelles, Londres et Berlin !

    1. Tout à fait et c’est bien prévu ! Je souhaitais d’abord me faire la main sur Umap qui permet à des néophytes d’utiliser OpenStreetMap. Je ne connais pas overpass-turbo, quelle est son utilité ?

      1. overpass-turbo permet de requêter simplement la base de données OSM et d’afficher les résultats sans effort sur une carte. Dans l’exemple que je donne, la requête combine :
        * un filtre attributaire pour ne garder que les objets marqués comme amenity=embassy, ce qui correspond aux embassades dans OSM
        * un filtre géographique pour ne garder que les objets présents dans la zone affichée à l’écran

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