Ouverture des données publiques : du site de mairie au portail mutualisé

Le portail de données est un élément clef, mais non rédhibitoire, de tout projet open data. Chaque porteur de projet réfléchit à un moment ou à un autre, à la pertinence d’en utiliser un. Voici pour vous aujourd’hui un panorama des tendances actuelles.

Utiliser le site web de sa ville

Le projet de la ville du Mans constitue la dernière initiative française de publication de données ouvertes. La ville a opté, à travers une rubrique supplémentaire du site de la municipalité, pour un cadre simple et peu onéreux de publication. Ce choix minimaliste, prouve que l’intention peut facilement l’emporter sur les moyens à déployer. A l’instar des données publiées par la ville, il s’agit sûrement d’une première étape, permettant d’offrir de la matière première aux développeurs, journalistes, étudiants et autres datavores… Pourquoi une première étape ? Car si le développement de l’ouverture des données s’intensifie, il faudra nécessairement restructurer, enrichir, et optimiser la rubrique Open Data. Il faudra catégoriser les données. Il faudra proposer une recherche plus pertinente. Il faudra mettre en avant les créations desdits datavores. Il faudra tout simplement construire un espace et une cohérence dans le site web proposé. Une des possibilités serait alors de s’orienter vers un site web dédié.

Un site web avec une orientation graphique

Parmi les sites web dédiés français, le site du CG71 est le plus graphique d’entre eux. En effet, le parti pris du conseil général de Saône-et-Loire, a été d’orienter la publication de données ouvertes de manière graphique, pour en faciliter l’appropriation par les internautes. Il est ainsi possible de créer des graphiques et de créer des cartes enrichies directement depuis le site web. Cette stratégie louable, qui abolit le besoin de connaissances en développement pour transformer la donnée brute, est tout de même à contrebalancer par l’impossibilité d’exporter ou d’enregistrer les courbes, camemberts, histogrammes ou cartes créées.

 Le choix d’une plate-forme open source

Lorsqu’en 2010, la ville et communauté d’agglo de Rennes ont décidé de lancer le premier portail français d’Open Data, leur choix se porta sur une plate-forme créée pour l’occasion par In-Cité et basée sur le CMS Typo3. Depuis reversée sur le web en version open source, cette plate-forme a été réutilisée il y a peu par les villes de Nantes, le CG44 et Nantes Métropole. Un tel choix permet de diminuer les coûts tout en répondant aux usages des ré utilisateurs de données grâce à la présence d’un moteur d’API, d’un forum, d’un module de FAQ, etc. Mais le choix de l’open source ne s’impose pas à tous, et d’autres solutions existent.

 Le choix d’une plate-forme SaaS payante

Très répandue outre-atlantique, la solution Socrata (du nom de son entreprise éditrice) est quasi inexistante en Europe. A l’heure actuelle, mis à part la région de la Lombardie (Italie), aucune structure publique européenne ne s’appuie dessus. Le principe est simple, et l’objectif commercial également, proposer une plate-forme clef-en-main pour y déposer ses données. Le modèle économique de la solution se base sur quatre différentes offres : basic / plus / premium / ultimate ; intégrant un nombre croissant de paramètres. Voici des exemples de paramètres suivant la version choisie. L’offre basic ne permet pas de choisir une identité visuelle propre, mais portera un logo Socrata. A partir de l’offre plus vous pouvez intégrer un code Google Analytics pour mesurer l’audience. A partir de l’offre premium, vous pouvez gérer les statistiques directement depuis une interface dédiée. Enfin, l’offre ultimate autorise les citoyens à se connecter avec leurs comptes Facebook / Twitter / Google / OpenID.

 Vers un développement de portails communs ?

Si un parallèle avec les sites web devait s’opérer, la tendance serait au développement de portails communs. A l’heure actuelle, la majeure partie des grandes collectivités françaises s’interrogent sur l’articulation et la pertinence de leur galaxie de sites web. Même au plus haut niveau états-unien la recrudescence de sites web interroge. Cela a poussé Macon Phillips, le directeur de la stratégie numérique de la Maison Blanche, à viser la réduction par 2 du nombre de sites en [NomDeSite].gov sur une période d’un an et demi. Le billet de blog dans lequel cet objectif a été annoncé (ironiquement titré pour l’occasion « TooManyWebsites.gov ») rappelait que l’Etat américain disposait de plus de 2 000 sites web différents, pour environ 24 000 sous-sites. L’heure est donc à la réduction des coûts, même les plus infimes.

Ce parallèle trouve écho dans certains portails de données français, qui mutualisent leurs forces en évitant la multiplication de sites. Ainsi data.gouv.fr comprend des données de quinze ministères différents, du conseil général de Loir-et-Cher, de quatre villes différentes (Coulommiers, Longjumeau, Saint-Quentin, Sarlat, Villemomble) et de différents établissements publics tels l’ARCEP, l’INSEE, ou RFF. Cette démarche existe également en Aquitaine, où le conseil régional et le département de la Gironde se sont associés pour créer un portail commun nommé « Datalocale ».

Mais demain, face au besoin de valorisation de l’action publique, quelle sera la voie empruntée ?

Pour aller plus loin, téléchargez l’étude « Open Data au cœur de la nouvelle relation entre collectivités, entreprises et citoyens« .

Image à la une de wecand (cc by-nc-nd 2.0). Article paru le 16/04/12 dans le blog des consultants Lecko.

Publié par

c_farrugia

Passionné par tout ce qu'Internet peut apporter aux institutions publiques et citoyens. Consultant secteur public chez @LeckoFR.

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