Quel avenir pour les sites web publics ?

Passant d’une logique institutionnelle à une logique de services, certaines institutions françaises sont en train de dépoussiérer leur offre de site web. Est-ce une nouvelle voie qui s’ouvre pour les sites web publics de demain ?

Réfléchissons aux différents partis pris pour les nouveaux sites web de la région Ile-de-France (lancé en 2013), du CG44 et du CG94 (lancés en 2014).

Mettre en avant le service au public

Le premier aspect important à souligner concerne la forte place accordée aux services en ligne et à l’interactivité avec l’internaute.

La région Ile-de-France propose un moteur de recherche filtrable de ses aides et appels à projets, et ce dès la navigation dans son menu principal.

Moteur de recherche filtrable intégré au menu

De même, dans un souci de répondre aux attentes de l’internaute le plus rapidement possible, les institutions choisissent de s’appuyer sur l’expérience des utilisateurs et mettent en avant les services les plus utilisés. Par voie de conséquence, on peut se poser la question de la visibilité des aides les moins recherchées, qui ne sont pas forcément les moins utiles.

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Placer l’institution au second plan

D’autres partis pris notoires peuvent exister. Au-dessus de la ligne de flottaison de la page d’accueil du Conseil général de Loire-Atlantique, aucune actualité ou information institutionnelle n’est visible. Alors que les idées de sujets à aborder ne manquent pas (promouvoir les valeurs démocratiques de son institution, présenter l’enjeu de ses décisions publiques, les justifier, valoriser les activités réalisées, etc), son choix a été de communiquer sur l’offre de proximité offerte : son offre numérique.

Page d'accueil de cg44.fr

Le Conseil général du Val-de-Marne opte également pour une approche directe du service en ligne, sans discours politique, ni actualité. Cela se concrétise à travers l’utilisation d’un triptyque simple pour décrire chacun de ses services  : c’est quoi ? pour qui ? comment ? Ici,  nous aurions pu légitimement retrouver des informations plus engagées, afin d’illustrer un projet politique. Eh bien non, place au « flat content » !

Triptyque du cg94

 Les sites web anglo-saxons comme figure de proue de ce modèle

Ces tendances de sites me rappellent la conception anglo-saxonne des sites web publics. Chez eux, l’institution est très largement mise en retrait. Les boutons call-to-action sont plébiscités. Les services proposés priment souvent devant les actualités. Leur héritage politique et leur conception du rôle des institutions n’y est pas étranger. Nos institutions seraient-elles en train de se diriger doucement vers cette conception ? Pour les sites web institutionnels, peut-être. Pour la boîte à outils du communicant public, rien n’est mois sûr.

A titre de comparaison complète, les anglo-saxons placent souvent un moteur de recherche central sur la page d’accueil (Cf. captures d’écran ci-dessous). Serait-ce le meilleur moyen pour répondre aux besoins (si multiples) des visiteurs (si différents) ?

Pour aller plus loin : vous pourrez rencontrer des acteurs de la communication numérique du CG44 et du CG94 au sein des Carrefours Numériques de Cap’Com 2014.

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Image à la une d’Emma Brabrook (cc by-nc-nd 2.0).

Publié par

c_farrugia

Passionné par tout ce qu'Internet peut apporter aux institutions publiques et citoyens. Consultant secteur public chez @LeckoFR.

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